L’Agora émotionnelle : reconfigurer les plateformes numériques à l’intersection des émotions, du genre et de la justice sociale

Participation à la CSW70 – Commission de la condition de la femme des Nations Unies
New York, mars 2026

Événement parallèle

“L’Agora Émotionnelle : Justice émergente ou quand les femmes transforment les plateformes numériques en leviers d’inclusion financière et de travail décent.”

L’Agora émotionnelle au CSW70 : concept et interprétations

Introduction du concept par Zohra Bouguerra
Lors du side event organisé par le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie au CSW70, Zohra Bouguerra, sociologue sénior et consultante indépendante, a introduit le concept d’« agora émotionnelle ». Elle l’a défini comme un espace public numérique où les émotions des individus deviennent des vecteurs de légitimité politique et sociale. Contrairement aux approches classiques centrées sur la rationalité et le débat formel (Habermas, 1989), l’agora émotionnelle met en lumière comment les émotions — peurs, colères, joies, solidarités — structurent la participation et l’Empowerment des femmes dans les environnements numériques.
Elle a expliqué que ce concept est particulièrement pertinent pour analyser la manière dont les femmes utilisent les espaces numériques pour transformer leur visibilité, leur légitimité et leurs relations de pouvoir, et comment ces dynamiques se manifestent dans des initiatives de plaidoyer, telles que les side évents du CSW. Interprétation et interventions des panélistes

CLAUDIA SEGRE – Italie
Présidente et fondatrice de la Global Thinking Foundation. Dans son intervention vidéo, elle a abordé l’inclusion financière et l’éducation numérique comme leviers d’autonomie économique, en soulignant que l’agora émotionnelle permet aux femmes de convertir leurs émotions collectives en ressources politiques et sociales. La confiance et la motivation, générées par l’interaction émotionnelle en ligne, sont essentielles pour que les femmes se sentent légitimes à prendre des décisions économiques.

MAHA ABDEL NASSER – Égypte
Députée et membre de la commission de l’enseignement. Elle a mis en évidence le rôle des émotions dans les politiques publiques et l’éducation, expliquant que la participation émotionnelle dans les espaces numériques favorise la reconnaissance sociale et institutionnelle des femmes, et permet de repousser les barrières structurelles dans les contextes institutionnels rigides.

SALMA TRIKI – Tunisie
Docteure en sociologie, chercheuse en genre et développement. Elle a analysé comment l’activité numérique des femmes transforme les normes sociales et les rapports de pouvoir, en convertissant les expériences individuelles en discours collectif. Selon elle, l’agora émotionnelle permet aux femmes de créer de la visibilité, de renforcer leur légitimité sociale et de générer des solidarités transnationales, illustrant ainsi le lien entre émotion et pouvoir social.

ARMELLE SCHAAD – Belgique
Psychologue. Elle a mis en avant les risques et vulnérabilités liés aux émotions dans les espaces numériques, en particulier la cyberviolence et les situations d’exclusion. Elle a insisté sur le fait que l’agora émotionnelle n’est pas un espace neutre : elle peut reproduire les inégalités et marginaliser certaines voix si elle n’est pas encadrée, ce qui renforce la nécessité de régulations et de protections ciblées.

RÉGINE ALENDE TSHOMBOKONGO – Canada
Présidente du CEJFI. Dans son intervention vidéo, elle a souligné l’importance du leadership féminin et de l’accompagnement entrepreneurial, expliquant que l’agora émotionnelle fournit aux femmes les outils et le soutien nécessaires pour légitimer leurs initiatives et renforcer leur autonomie dans l’économie numérique, tout en créant des espaces de solidarité et d’échange émotionnel.

MYRIAM FETIERE – Haïti
Formatrice pour ONG et mouvements de femmes. Elle a montré que les émotions partagées dans les espaces numériques favorisent l’apprentissage collectif et le développement de compétences, ce qui amplifie l’Empowerment économique et social des femmes, tout en renforçant la cohésion des mouvements féministes à l’échelle transnationale.

GABRIEL TOUSSAINT – Haïti
Journaliste et fondateur de la Ligue Culturelle Haïtienne pour les Droits Humains. Il a mis l’accent sur la reconnaissance des récits émotionnels comme vecteurs de légitimité politique et sociale, expliquant que l’agora émotionnelle permet de donner une voix aux femmes dans les débats sur les droits humains et la justice sociale, et de traduire les expériences individuelles en revendications collectives et visibles.

Synthèse
Le side évent a montré que l’agora émotionnelle est un espace numérique où l’Empowerment coexiste avec des tensions persistantes. Les émotions permettent aux femmes :
d’accroître leur visibilité,
de légitimer leur parole,
de renforcer les solidarités transnationales,
de transformer la reconnaissance sociale et politique de leurs activités.
Cependant, le concept reste ambivalent :
la cyberviolence et les exclusions persistent,
l’invisibilisation algorithmique peut limiter l’impact des initiatives,
les inégalités traditionnelles peuvent se reproduire si l’espace n’est pas encadré.

Conclusion
L’agora émotionnelle constitue une transformation majeure de l’espace public numérique. L’analyse du side event organisé par le Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie démontre que les émotions jouent un rôle structurant dans les dynamiques contemporaines de participation politique.
Cependant, cette transformation reste ambivalente et nécessite :
une régulation des plateformes,
une protection contre les violences numériques,
une reconnaissance institutionnelle des récits émotionnels.

#Inclusion #Innovation #Égalité #Femmes #Numérique #JusticeSociale #CSW70 #Tunisie ##Belgique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *